Bulles d'Une Anorexique

5.

Encore et toujours. Pourquoi vouloir commencer un nouveau chapitre alors que finalement rien n'avance. J'ai recommencé. Encore et toujours. Je sombre encore et tout le temps. Je m'enfonce- laperiode où je suis re-sortie, où je me suis re-exposée au monde fut courte. Faire comme si tout allé pour le mieux, sourire en se forçant.

Tout dégringole, plus le courage de rien.

Sauf que j'ai envie de dire là on est le 23 septembre 2005 que je finis ma bouteille de vin ( oui car maintenant je bois pff je me dégoute toujours) et que je me prends en main pour de vrai. C'est dur mais j'ai envie de le faire dès que j'aurais fini celle-ci, des que j'aurais evacuer le tout. Promis et lundi j'appelle le psy. Promesse et promesse je compte même plus. Ce soir là je vais pas. Ce soir j'ai debranché mon portable. ce soir je suis seule à la fois bien et mal.

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4.

"Parler c'est marcher devant soi". Il faut que je me repete cette phrase pour pas croire que je recule alors même que j'ai refais une crise, alors même que je n'ai toujours pas rapeller le psy pour prendre RDV--- c'est juste facile à dire, à écrire, à penser mais à faire c'est beaucoup plus complexe

Une crise et je me sens mal. Deux crises sans restrisctions. Trois et ensuite inutile de compter.

Il faudrait que j'apelle -impérativement même- sauf que là ces temps ci c'est pas trop le moment pourtant j'ai envie ohh le jure que j'ai envie mais je peux pas c'est plus fort que moi alors je recommence et recommence. encore ces putains de doigts qui viennent dans ma bouche mais faut comprendre c'est que je suis obligée car il y a eu une crise avant. Image Hosted by ImageShack.us

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3.

A defaut de parler à Maman ou Papa de ce qui me ronge depuis trop de temps- hier je me suis lancée. J'ai pris mon courage à deux mains et je me suis dit parle lui.

 

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Elle peut me comprendre. Elle c'est une tres bonne amie à moi. une amie perdue puis retrouvée. une amie qui ne me juge pas. une amie qui me comprend. une amie qui connait cette maladie. Je me suis lancée. autour d'une bouteille je lui ai dit: je vomi. elle a de suite compris. Sans me juger sans baisser les yeux sans changer d'intonnation, elle le sentait, elle le savait.

Soulagement et aucun regret. j'ai choisi sans choisir. je peux dire que je l'ai senti. Je lui ai dit. Elle ne me juge pas et ne va pas non plus me prendre par la main pour m'empecher d'arrêter. je me suis devoilée un peu mais pas totalement non plus. Les choses avancent- je peux dire- je sens que je veux arrêter et tout recommencer dans le bon sens du terme même si je viens de faire une crise, je me dis passons.

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2.

La journée type. C'est quoi? Tellement besoin d'expliquer à Maman ou beau Papa, à petite soeur ou petit frère, à meilleure amie ou bon pote ce que j'ai. Une souffrance qui me fait mal mais une envie de guerrir parfois, une vie normale où penser à la nourriture ne m'occuperais pas plus de 2 ou 3h dans la journée.
Parler est dure pour moi mais comprendre est pour eux encore plus dure- je crois- Je laisse passer tellement de signes en ce moment que je me dit qu'il font semblant de ne pas voir comme moi je fais semblant d'aller bien.
Je me dis depuis longtemps que la meilleure chose serait une lettre, une lettre que j'ai écrite il y a dejà quelques temps, une lettre qui pourrait aller à n'importe quel destinataire, une lettre que je ne donnerais surement jamais car être seule devient de plus en plus necessaire.
Cette lettre je l'adresserais à Maman car je crois que c'est la seule qui voudra ou pourra jamais me comprendre. La voici

 

Maman Image Hosted by ImageShack.us

Ces quelques lignes pour te parler de moi. si tu te sens pas ne lis pas.

Octobre 2003, entrain de chercher encore et encore sur internet, un moyen de perdre du poids assez rapidement, tu me connais, je suis par pur hasard arrivée sur un site. Puis j'ai commencé à lire tous les articles correspondants à la boulimie et je me suis retrouvée dedans et complètement.
Continue s'il te plait

Depuis toujours j'ai un complexe avec mon poids, ou du moins depuis l'adolescence. je pense que tu le sais. je veux pas non plus te jetter la pierre, je pense que tu serais moins au régime constamment, peut être que j'aurais pas été frustré par mon poids. Sache que je te reproche rien, c'est juste moi qui suis trop sensible, trop fragile.
Peut-être qu'à ces mots tu te dis: elle a craqué dans son régime, elle a pris quoi une tartine de nutella et ça y est elle sort le grand jeu, mais non Maman c'est pas ça. Continue encore

Voilà, je me suis jamais acceptée physiquement : trop de bide à mon goût. Même si pour les autres je parais mince voire bien foutu, laisse moi rire !!! Je te reconnais même dans ses paroles. Mais bon ce qui compte avant tout c'est de se sentir bien dans son corps et non pas l'apparence que les autres en ont. n'est-ce-pas. Je dis ça mais je sais même pas si c'est réellement ce que je pense.
Pour tout te dire, le problème c'est qu'ils me voient couverte, ils voient pas comment je suis en maillot, ils voient pas mon gros bide, ne me contredis pas s'il te plait, c'est vraiment immonde. D'ailleurs maintenant je veux plus aller à la plage ou à la piscine ; à moins d'être couverte et de ne pas me baigner. Je varie maintenant entre 48 et 58kg. Juste un truc comment personne ne peut s'en rendre compte- 10kg ca se voit, non?

Octobre 2003, je reprends c'est la découverte. Je me rends compte que je suis devenue boulimique. Je crois (au début je suis même pas sûre). C'est arrivé à la suite d'une rupture peut être, ou d'une reflexion, ou de l'éloignement de mon père, traumatisme de mon enfance qui en avait pas l'air, ou le fait d'habiter seule... je sais pas. Le seul remède a été pour moi de me jeter sur la nourriture. Comme tu peux le penser je ne me suis pas aperçue immédiatement que mon comportement était excessif et maladif, je pensais comme toi à des craquages de régime.
Sans rentrer totalement dans les détails j'ai commencé par me jeter sur le nutella et j'ai arrêté à un moment où j'étais plus qu'écoeuré! C'est le début. Je me suis dit intérieurement que voilà, rien qu'avec ce gros pot je venais de reprendre tous mes kilos. Cela ne m'a pas freiné et le lendemain j'ai continué...

Mes crises sont actuellement de plus en plus fréquentes mais pas régulières. Je peux arrêter quelques jours, et je reprends alors un régime très restrictif :
- petit déjeuner : thé + jus d'orange
- déjeuner : jambon de dinde + concombre
- goûter : pomme
- dîner : oeufs + poivrons
Je suis à moins de 600 calories par jour. Le problème c'est que plusieurs fois dans la semaine, je fais des crises. J'ai une soudaine envie (c'est pas vraiment une envie mais je sais pas comment dire) de manger du chocolat, des trucs hyper caloriques, alors je pars au supermarché et c'est parti je sors acheter du chocolat, des twix, des lions, des nuts et je rentre chez moi (pas avant car j'ai trop honte) pour engloutir tout ça. Je savoure rien, j'avale tous assez vite et quand y'en a plus alors c'est la fin. Après je me sens très mal, je culpabilise énormément je me dis alors que ce soir je bouffe pas. Le lendemain je reprends mon régime restrictifs puis 2 jours après voir le surlendemain je refais une crise ; c'est un vrai cercle vicieux.
Cela devient de plus en plus fréquent je mange sans faim, et que des aliments ultra caloriques. Le truc c'est que quand j'achète tous ça je suis obligée de tout finir, je peux rien garder je mange tout! mais sinon chez moi, dans les placards il n'y a rien qui fasse en soi grossir.
C'est affreux pour moi, je me sens très mal; je peux pas me regarder dans une glace, c'est même dur quand je prend ma douche ou quand je m'habille parfois, il faut absolument que je sois loin d'un miroir. J'arrive même plus à monter sur la balance, j'ai trop peur du poids qu'elle va afficher ; je veux pas savoir combien je pèse parfois ou au contraire je vais me peser en période de non crise.

J'ose pas en parler. J'ai tellement peur de ta réaction, peur que quand j'aille bouffer chez vous, les regards soient différent à table ; qu'il y ait un sentiment de gêne, de malaise dès qu'un sujet tourne autour de la bouffe. et mes amis, c'est là même je peux pas, ils oseront plus après me proposer d'aller chez eux pour dîner ou se voir pour boire un verre.
Un psy ou un nutritionniste j'ose même pas.

Je sais pas trop quoi faire, ma dernière crise date d'hier après midi mais aujourd'hui ça va pour l'instant.
j'espere juste que tu penseras pas ohh elle fait une crise d'ado avec des années de retards

Je t'embrasse fort. Ta fille chérie.

-

Cette lettre je ne la donnerais surement jamais. Cette lettre n'est pas totalement sincere et c'est volontaire. Cette lettre serait la fin de tout, la decouverte d'une personne qu'elle ne connait pas. Cette lettre maman ne la comprendrait. Cette lettre personne ne l'aura.

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1.

 

Image Hosted by ImageShack.usAutant dire que les états d'ames, j'en ai tout le temps. C'est d'ailleurs le principal problème des boulimiques : leur instabilité emotionnelle.

Et oui c'est de là que vient le besoin de manger. Un besoin sans fin et sans faim. Alors une petite précision à tous ceux qui pensent que la boulimie est juste un exces de gourmandise, vous vous trompez- c'est pas aussi simple .

La nourriture vient apaiser un état agréable ou non.

Outre la boulimie, je suis atteinte d'un trouble de la personnalité, il parait- que l'on appele bordeline. La bonne nouvelle c'est que ce trouble se traite mais encore faut il le detecter. Je l'ai trouvé apres d'inombrables recherches mais je suis pas traitée pour la simple et bonne raison que je n'ai pas encore faire la véritable demarche d'être suivie. J'avance petit à petit. Alors voilà je suis bordeline en même temps d'être boulimique. Il y a un lien tres fort entre les 2. C'est la personnalité bordeline qui cause ma boulimie, il faut par consequent guerrir de l'un pour éviter l'autre.

Je ne suis pas folle et je suis plutot pas mauvaise apparement, à vrai dire j'ai un quotient intellectuel normal mais c'est juste que mon quotient emotionnel est disproportionné: j'ai des besoins plus importants et des demandes differentes de la plupart des gens. Il paraitrait que je suis passionnée mais ce n'est pas ça.

Bordeline, boulimique et comme si cela ne suffisait pas: une depression vient de se joindre à moi, il y a quelques temps. Je suis heureuse parfois et malheuse d'autre fois; je souris et pleure; je suis lunatique. entourée et elevée, je me rabaisse constament balançant toutes mes relations "amoureuse" avant même que ca ait le temps de devenir serieux. je fais tout apparement pour foutre en l'air ma vie. j'y arrive bien. Mes sautes d'humeur sont frequentes- une vrai gamine- je ment sur mon état. je dis que je vais bien alors que je vais tres mal. je regrette que personne m'aime ou que l'on ne m'aime pas assez. je demande trop; je veux trop. Je donne énormement sans le montrer. Ce qui faut retenir c'est que je ne prend aucun plaisir à manipuler tout le monde et à faire comme si tout va bien. la chute est terrible et la crise qui suit également

Sauf que voilà, il faut savoir que c'est un mal pour un bien. Les gens me croient équilibrés et je peux avoir en apparence une vie normale. Cependant je souffre. je souffre enormement et plus j'avance, plus la "maladie" est là, plus j'en prend conscience, plus je me pose des questions et plus j'ai mal.

Apparement le trouble se traite- tout est question d'un réequilibrage- Permettez moi d'en douter.

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Avant de commencer

Il est utile que je me donne un autre prénom. Non pas que j'ai horriblement peur que mes proches tombent dessus, mais un petit peu quand même. Je choisis donc Lea.

Lea. Alors voilà je m'appele Lea. J'ai plus de 20 ans et moins de 30. je suis toujours étudiante, il parait même que ca marche bien pour moi- tellement que mes proches ne me voient que par ça.

Moins de 30 ans- beaucoup même. Je vis seule dans un charmant studio à Paris pas loin de mes amis et de ma famille. Pourtant ma vie n'a rien d'idylique- apparement j'ai tout pour être heureuse- je fais semblant et ca marche. je fais toujours semblant je souris en face des gens- et je pleure quand je suis seule.

Je pourrais être ce que l'on apelle un exemple parfait de skisophrenie sauf que je suis totalement consciente. alors non. Je suis quand même malade, il parait. toujours "il parait" car il est assez dure de se rendre compte de cette maladie, au départ: je suis boulimique.

Voilà c'est fait c'est dit. Je peux le redire. Je suis boulimique, victime d'un trouble du comportement alimentaire (TCA).

Depuis quelques temps j'ai pris la ferme resolution de m'en sortir. Apres une tentative loupée, mes crises sont de plus en plus fréquente.

En bref des que mon estomac reçoit plus de 600 calories, mes doigts viennent à son secours

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